Souvent méconnus, les cancers féminins regroupent à la fois le cancer du sein, le plus fréquent, et les cancers gynécologiques (utérus, ovaires, col de l’utérus, vulve, vagin…).
En Suisse, ce sont chaque année des milliers de femmes qui sont diagnostiquées. Si le cancer du sein est le plus fréquent avec 6600 nouveaux cas par an, environ 5000 femmes sont concernées par un stade pré cancéreux du col de l’utérus (dû au papillomavirus)
Afin de sensibiliser et de détecter au plus tôt ces pathologies, nous vous partageons les particularités et symptômes auxquels prêter attention.
Les facteurs de risque à connaître
Plusieurs éléments peuvent augmenter le risque de développer un cancer féminin :
- L’âge : la majorité des cancers apparaissent après 50 ans.
- Les facteurs hormonaux : puberté précoce, ménopause tardive, première grossesse après 30 ans, traitements hormonaux de substitution prolongés.
- Les antécédents familiaux & la génétique : un risque accru existe lorsqu’une proche parente a été touchée par le passé
- Certaines maladies ou traitements : par exemple un cancer ou une radiothérapie du thorax
- Le mode de vie : tabac, consommation d’alcool, surpoids, sédentarité et alimentation déséquilibrée sont des facteurs aggravants
- Les infections : notamment les papillomavirus humains (HPV) dans le cas du cancer du col de l’utérus
Bien évidemment, ces facteurs de risque n’entraînent pas systématiquement la maladie mais en prendre conscience permet de prévenir.
Cancer du sein
Il représente environ 1 410 décès par an. 80 % des cas surviennent après 50 ans.
En hausse chez les femmes plus jeunes, il est devenu la première cause de décès par cancer chez les moins de 40 ans.
Les symptômes
- Grosseur dans le sein ou sous l’aisselle (même indolore)
- Changements de la peau : rougeur, aspect « peau d’orange »
- Modification du mamelon ou de l’aréole (rétraction, écoulement)
- Changement de forme du sein
Comment prévenir ?
- Dépistage systématique par mammographie tous les 2 ans entre 50 et 74 ans
- Consultation annuelle avec palpation dès 25 ans
- IRM de dépistage chez les femmes à haut risque génétique
Cancer de l’ovaire
Particulièrement agressif, il représente 600 femmes touchées chaque année en Suisse dont 400 décès.
Souvent asymptomatique, il est découvert tardivement dans la majorité des cas.
Il peut également toucher des femmes jeunes : 14 % ont moins de 50 ans lors du diagnostic.
Les symptômes
- Ballonnements, gonflement du ventre
- Douleurs pelviennes ou abdominales
- Troubles digestifs persistants
Particularité
10 % des cas sont d’origine héréditaire.
Cancer de l’endomètre (ou utérus)
C’est le plus fréquent des cancers gynécologiques : il touche près de 900 femmes par an dont 200 en décèdent.
Il se déclare principalement après la ménopause (seulement 5% avant 40 ans)
Les symptômes
- Pertes vaginales après la ménopause
- Pertes malodorantes
- Douleurs pelviennes, soucis urinaires
Facteurs de risque supplémentaires
Diabète, hypertension, antécédent de cancer du sein
Cancer du col de l’utérus (papillomavirus)
Le stade cancéreux concerne 250 cas par an en Suisse dont 75 décès.
C’est un cancer qui est très souvent pris à temps grâce au dépistage par frottis régulier et à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV).
Sans dépistage, les symptômes se déclarent souvent tardivement.
Prévention
- Vaccination gratuite fortement recommandée pour filles et garçons de 11 à 26 ans.
- Frottis tous les 3 ans entre 21 et 70 ans.
Les symptômes
- Saignements entre les règles ou après la ménopause
- Pertes vaginales anormales et malodorantes
- Douleurs dans le bas-ventre, perte de poids
Cancers de la vulve et du vagin
Ces deux types de cancers sont plus rares : ils représentent 3 à 4 % des cancers gynécologiques.
Les symptômes : démangeaisons, brûlures, douleurs locales
Les traitements
Chaque cancer est unique. Les traitements se décident donc au cas par cas et varient selon le type de cancer, son stade, la présence éventuelle de métastases, l’âge et les antécédents de la personne.
Parmi les traitement possibles :
- Chirurgie
- Radiothérapie
- Chimiothérapie
- Hormonothérapie
- Immunothérapie
En résumé
La plupart des symptômes des cancers gynécologiques se déclarant tardivement, il est important de prêter attention à tout changement dans son corps, adopter une bonne hygiène de vie et ne pas hésiter à faire des dépistages préventifs annuels.
Même si un grand nombre de femmes sera concerné à un moment de sa vie par le papillomavirus à un stade différent, le cancer du col de l’utérus reste le plus évitable grâce au dépistage et à la vaccination.
En cas de doute, consultez votre médecin sans attendre